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EDITO

                                      Omar.Krioui

              

 Un peu d’histoire

 
ARTICLE A LA UNE
MAI 1962… LA DERNIĖRE COMMUNION (le 03/10/2011 à 09h40)

 MAI 1962… LA DERNIĖRE COMMUNION

           Qu’elle était radieuse l’aurore de ce dernier dimanche de Mai 1962 !… Le ciel était tout blanc, d’une blancheur de gaze, où scintillaient des gouttelettes nacrées, pluie d’atomes lumineux dont la chute emplissait l’éther d’une immense vibration qu’on aurait dit minuscule. Tel une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.

         Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.

         Parmi eux, se trouvait Sophie Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs », en l’occurrence de gendarmes mobiles, « de tirer à vue sur tout européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ».

         Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les balles d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille âgée de deux ans et demi et sa sœur, Sophie, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée.

         Pourquoi lui refuser, malgré l’atrocité de la situation, le droit à la robe blanche et à la douceur de la cérémonie ? Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.

         Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeurs, Sophie se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux de ses voisins et amis qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.

         Et cette vision insolite de ces enfants encadrés de C.R.S !… parce que leur quartier étant bouclé par suite d’une perquisition générale, on n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. C’était grotesque et digne d’Ubu-Roi ! Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! On massa les enfants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, bénit les communiants en disant :

« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »

Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…

         Comme on a raison de cacher aux enfants la vue des laideurs humaines. Le triomphe de la force, la victoire de l’injustice, sont des secousses trop violentes pour eux. Ils doivent croire longtemps que Dieu intervient en faveur des belles causes, que le Mal ne peut prévaloir contre l’amour et le sacrifice. Quand l’âme a pris ce pli de foi dans l’enfance, rien après ne l’efface plus. Ces petits êtres vêtus de blanc, ont été dépouillés trop jeunes de leur tunique d’illusions. Ils ont vu que leurs prières d’enfants purs ne touchaient pas le ciel, que la tendresse de leurs parents ne pouvait pas les protéger contre les abus de la force, qu’une balle bien dirigée ou qu’un couteau trop vif valait plus que cent cœurs vaillants… et de ce jour, ils sont restés tristes de cette certitude.

                                                                                                José CASTANO

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L’ASSASSINAT DU LIEUTENANT ROGER DEGUELDRE (le 03/10/2011 à 09h38)
 

Leur mémoire…

 

L’ASSASSINAT  DU  LIEUTENANT  ROGER DEGUELDRE

 

« Le jour où les « fells » entreront à Alger, j’espère trouver trois compagnons pour garder les faces du Monument aux morts et tomber en tirant une dernière salve de PM » - R.D –

 

         C’est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 qui, rappelons-le, fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne,  que de Gaulle prit sa décision de faire fusiller le lieutenant Roger DEGUELDRE qui, fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur! », avait justifié son action dans l’OAS par ces mots : « Mon serment, je l’ai fait sur le cercueil du Colonel Jeanpierre. Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure ! »

         Le lendemain, 6 juillet 1962, à l’aube, au fort d’Ivry, Degueldre se présenta devant le peloton d’exécution en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il avait tout sacrifié et qu’il avait choisi comme linceul. Autour de son cou, il avait noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y avait la photo d’un bébé, son fils qu’il n’avait jamais vu. Il avait conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé était venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.

« Dites que je suis mort pour la France ! » s’écria-t-il à l’adresse de son défenseur. Puis il refusa qu’on lui bande les yeux et, au poteau cria : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise. Les soldats qui devaient l’exécuter, émus par son courage, hésitèrent à tirer. La première salve le blessa seulement : Une seule balle l’atteignit sur les douze qui furent  tirées : au ventre dirent certains… au bras affirmèrent d’autres.  Quoiqu’il en soit, le fait certain c’est que Degueldre ne fut pas atteint de manière décisive.

         L’adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipita, l’arme à la main, pour accomplir sa sinistre besogne et se rendit compte que le condamné était toujours en vie. Sa tâche ne consistait désormais plus à achever un quasi-mort censé avoir reçu douze bouts de métal… mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes... Il en eut si terriblement conscience, que sa main pourtant préparée à cette macabre mission trembla, et que le revolver se déchargea dans le vide.

         Parmi l’assistance, c’était la stupéfaction. Cette situation eut pour effet d’agacer le procureur qui, réveillé un peu tard, n’avait pas eu le temps de prendre son petit déjeuner. Et son estomac gargouillait. Mécontent, il fit signe à l’adjudant de se dépêcher. Pensant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé souffrait. Les coups de feu résonnaient encore à ses oreilles et il se demandait quand son calvaire prendrait fin.

         L’adjudant, toujours tremblant, pointa une nouvelle fois son arme sur la tête de l’officier parachutiste, ferma les yeux et appuya sur la détente. Stupeur ! Rien ne se produisit. L’arme s’était enrayé. Une rumeur monta de l’assistance. Degueldre tourna la tête vers son exécuteur comme pour l’interroger. Aucune haine dans son regard… juste de l’incompréhension.

         Exaspéré par cette situation –unique dans les annales de l’exécution- le procureur ordonna qu’une nouvelle arme soit amenée. Mais personne parmi les militaires présents n’en possédaient. Il fallait courir en chercher une… Et pendant ce temps, Degueldre était toujours vivant... et il souffrait.

         A partir de ce moment là, tous les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n’avait pas le droit d’achever le blessé. Mais les ordres étaient formels ; Il fallait que Degueldre soit tué ! Il incarnait à lui seul, l’OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l’Elysée… Il fallait exorciser jusqu’à son souvenir.

         Et pendant que l’on s’affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d’effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu’au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l’amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu’on fît grâce qu condamné. Cela s’était déjà produit dans l’Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée. Mais non, l’avocat demeurait prostré, sans voix, mort… alors que Degueldre, lui, était vivant et qu’il le regardait.

         Enfin on remit un pistolet à l’adjudant qui, blanc comme un linge, écoeuré par cette boucherie… mais servile au commandement de tuer, devait en finir puisque tels étaient les ordres et que le défenseur du condamné qui, seul avait qualité pour tenter quelque chose, se taisait.

         Un nouveau coup de feu claqua. Stupeur ! Celui-ci fut tiré, non pas au-dessus de l’oreille comme l’exige le règlement, mais dans l’omoplate… Une douleur atroce irradia le corps du supplicié. Il regarda vers le ciel et ouvrit grand ses yeux. Peut-être perçut-il à cet instant que son calvaire prenait fin. Il était tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui sembla entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer : « Roger… Roger… dès aujourd’hui tu seras avec nous dans le Paradis ».

Puis une nouvelle détonation retentit… et ce fut la fin.

C’est ainsi qu’après Claude PIEGTS et Albert DOVECAR, Sergent au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, mourut,  assassiné, le lieutenant Roger DEGUELDRE, également du 1er R.E.P, Chevalier de la Légion d’honneur… Et les salves du peloton couvrirent un instant les plaintes et les râles qui montaient d’Oran, tandis que la France, en vacances, n’entendit rien. Et nous nous devons de ne jamais oublier son ultime message adressé au petit peuple d’Algérie : « Si je ne suis pas de leur race, ni né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours ! »

         Huit mois plus tard, le 11 mars 1963, le Colonel Jean BASTIEN-THIRY, Polytechnicien, tombait à son tour à 35 ans, sous les salves du peloton.

Décidément, le crime était profondément enraciné !…

                                                                                              José CASTANO

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Une page d’Histoire… (le 03/10/2011 à 09h16)

Une page d’Histoire…

L’ O A S

 

 

Rappelez-vous ! C’était le 27 juin 1962 : dans une ultime émission pirate, le speaker de l’OAS annonça  d’une voix brisée : « Notre combat est sans espoir et sans solution. Tout est fini. Adieu Algérie ! »… et il éclata en sanglots.

Fini !… Oui… Fini ! Tout était fini. La page de l’OAS était tournée et en cet instant d’extrême émotion, ce furent des milliers d’Européens qui pleurèrent dans un même chagrin.

Si officieusement l’OAS n’existait déjà plus, officiellement elle déposa les armes ce 27 juin 1962. Son aventure était historiquement terminée. Le temps du combat s’était achevé, tandis que pour la plupart commençait le temps de l’exil ou celui des prisons…

En déclenchant le feu et le sang, on a dit que ces commandos de l’OAS étaient des irréductibles, voire, des factieux. C’est faux ! Ils étaient tout simplement des désespérés et leurs objectifs n’ont jamais dépassé les termes d’un refus fondamental. Il ne s’agissait pas pour l’Organisation de « prendre le pouvoir » comme l’affirmaient sans relâche les autorités à court d’argument crédible, ni d’imposer un certain type de régime, il s’agissait essentiellement d’empêcher la constitution d’un Etat National Algérien Indépendant, de briser le mécanisme des négociations engagées entre le gouvernement de la V° République et le GPRA, de s’opposer à la fois à la politique d’abandon menée par de Gaulle et de poursuivre la lutte contre le FLN.

L’Organisation Armée Secrète est née au début de 1961, en Espagne, dans un groupuscule où apparaissent le général Salan, Lagaillarde, Susini, le docteur Lefèvre… C’est après l’effondrement du putsch, d’avril 1961, qu’elle devait atteindre à la notoriété en Algérie et devint vraiment active qu’au lendemain de cette chose extraordinaire qui ne fut qu’une vaste fumisterie : la trêve « unilatérale » décidée par Paris et qui permit aux rescapés de l’Armée de Libération Nationale (A.L.N) de reprendre la population en main aussi bien dans les campagnes que dans les centres urbains. Attentats, égorgements, mutilations se multipliaient. Devant les cadavres des égorgés et les visages grimaçants des mutilés, toute velléité de résistance s’effondrait. Le ressort se brisait. Les Musulmans fidèles à la France étaient les premières victimes ; la peur, peu à peu, les menait dans les rangs du FLN.

Pour encourager ce processus, Le gouvernement gaulliste annonça une nouvelle « mesure positive » (sic) : 2297 autres libérations de détenus FLN et 32 millions de Francs de crédits nouveaux !… Encouragés, les tueurs du FLN sévirent désormais en toute impunité… La moyenne quotidienne des attentats passa de 20 à 37 et les manifestations avec slogans et drapeaux verts et blancs se multiplièrent… 

Chez les Européens, la colère montait :

« Voilà le résultat de leurs négociations. La grande Zohra (surnom donné à de Gaulle) est tout juste bonne à interrompre les offensives de l’armée et à nous laisser assassiner par les fellaghas. Ca ne se passera pas comme ça ! »

Et aux quatre coins du pays, on battait le rappel des bonnes volontés. On  s’organisait pour lutter à la fois contre le FLN et l’ennemi gaulliste. Les effectifs de l’OAS ne cessaient de gonfler…

Le 30 juin 1961, de Gaulle mit le feu aux poudres. En réponse à cette colère et à la popularité sans cesse croissante de l’OAS, il fit connaître sa décision de rapatrier en Métropole la 11e Division Légère d’Intervention, constituée en parti d’éléments parachutistes ayant participé au putsch et de la remplacer par… cinq compagnies de CRS métropolitaines, afin de réprimer dans les villes le « soulèvement » des Européens. Dans toute l’Algérie les murs se couvrirent d’affiches : « L’OAS veille »… « Aux armes citoyens ! »

Répliquant au FLN, qui contrôlait les quartiers arabes par une organisation politico-administrative parallèle, l’OAS allait structurer les villes européennes. D’un côté flottait le drapeau vert et blanc marqué de l’étoile et du croissant rouge, de l’autre, côte à côte, le drapeau tricolore et le pavillon noir de l’OAS…

« De Gaulle veut notre mort ! » Ce fut le cri de guerre et de désespoir d’un million d’Européens qui, las d’apprendre le massacre de familles françaises, s’organisèrent en commando. Les magasins arabes flambèrent à leur tour, le plastic détruisit des bains maures. Les affrontements, les combats de rues se multiplièrent sans que les forces de l’ordre arrivent à juguler cette flambée de violence. L’Algérie entière était déchaînée. Les « stroungas » explosaient partout et aux grenades lancées dans les tramways et les autobus par le FLN, répondaient les mitraillages des cafés maures. Partout du sang, des morts qu’on enjambait dans les rues sans même un instant d’émotion. La folie s’était emparée de ce pays autrefois si paisible et si heureux.

De  nouveau la presse se déchaîna qualifiant de « monstrueux » les attentats commis contre les Musulmans. Elle baptisa de « ratonnades » ces actions inconsidérées et elle affirma sans vergogne que « les tueurs nazis de l’OAS se livraient au racket et au massacre sur les Musulmans et les « patriotes » gaullistes ! »

Faute de protection de l’armée ou de la police, la foule se faisait justice elle-même appliquant la loi du talion, condamnable par son aveuglement, mais explicable par les souffrances endurées depuis sept années.

On oubliait la terreur qui avait régné depuis si longtemps, on ne se souvenait plus des charniers de Mélouza et d’El-Halia, des bombes du stade d’El-Biar et du casino de la Corniche, on ne prêtait aucune attention aux grenades qui explosaient chaque jour dans les cafés, les écoles, aux arrêts d’autobus, dans les quartiers européens, on feignait d’ignorer les enlèvements qui se multipliaient dans tous les coins du territoire, les égorgements et les viols. Seuls importaient les ratonnades que le journaliste, Yves Lavoquer, comparait aux « pogroms de la Russie tsariste et aux massacres nazis » !…

Cependant, sourds aux cris des hyènes et des chacals, dans un pays désormais ravagé par la guerre civile, des hommes résistaient. Effarent paradoxe que ce conflit qui, dans sa nouvelle et ultime phase, voyait des Français se dresser contre d’autres Français pour sauvegarder une parcelle de terre française…

Sans uniformes, sans moyens militaires, sans autres armes que de fortune, n’ayant en commun que leur volonté de vivre et de mourir sur la terre de leurs ancêtres, ces combattants là, menaient un combat héroïque et sans espoir. Combat chaotique, désespéré, mortel, mais si efficace qu’il semait l’angoisse et la crainte dans les plus hautes sphères… et que la fatalité des circonstances précipitera vers un dénouement tragique

L’OAS était une révolte : révolte des habitants de toute une province qui se sentaient abandonnés par la mère Patrie et qui se voyaient placés dans l’alternative suivante : quitter leur sol natal et devenir des déracinés ou rester sur place pour subir les spoliations et les vengeances, le couteau, la balle et la hache. Et qui formait ses rangs, sinon des hommes courageux, le plus souvent des humbles qui n’avaient ni privilège à défendre, ni fortune à sauver ?

L’OAS, c’était à la fois, le combattant de l’ombre, l’enfant qui collait une affiche et mourait le pinceau à la main, le vieillard qui guettait et sifflait à l’entrée d’un quartier pour avertir de l’arrivée des « forces de l’ordre », la ménagère qui transportait des tracts dans son panier en allant au marché et ces familles qui hébergeaient les légionnaires du 1er REP après la dissolution de cette prestigieuse unité. Elle était une armée d’ombres, l’armée miraculeuse de l’amour et du malheur. Elle représentait, pour la population d’Algérie, le dernier espoir et l’ultime recours contre un désespoir passionnel. C’était la bouée de sauvetage à laquelle le naufragé tente de s’accrocher.

Ce sigle représentait un idéal de combat contre le déracinement et contre la honte. Il n’avait aucun caractère politique, puisque spécifiquement charnel. Un des fondateurs –sinon le père de l’OAS- avait écrit dans l’Echo d’Alger, le 6 décembre 1957 : « L’insurrection, pour l’Algérie française est l’insurrection légitime ! »… L’auteur  de cette phrase n’était autre que Michel Debré, Premier ministre de de Gaulle.

Ces hommes se battaient non par ambition, non par intérêt, mais parce qu’un sentiment sur lequel aucun raisonnement n’avait de prise -l’attachement profond à la terre natale- les avait conduit à la révolte. L’OAS c’était, comme l’a écrit Alain Peyrefitte, « le sursaut d’un peuple qui ne veut pas mourir ».

Ils ne se demandaient pas, ils ne se demandaient plus où était leur Patrie. Elle était là, dans cette terre. Ils refusaient d’être dépossédés de ce qu’ils avaient acquis, pierre par pierre et sou par sou. Ils refusaient de se séparer du cadre qui avait bercé leur enfance, de leurs souvenirs, de leurs morts. C’était l’essence même de leur vie… et ils défendaient leur vie.

Puisqu’ils étaient attachés à l’Algérie de toute leur âme, comment vivre ailleurs alors ? Une terre se défendait comme une femme, comme tout ce qu’on aimait et ici on mourrait pour ce qui donnait du prix à la vie, pour une raison d’être et de demeurer.

Une évidence s’imposait alors : S’il n’y avait pas eu le FLN, il n’y aurait pas eu d’OAS. Si de Gaulle avait laissé l’armée abattre le FLN –comme elle aurait pu le faire- il n’y aurait pas eu non plus d’OAS… c’est une vérité première.

Durant un an elle fit la guerre, comme le FLN la fit durant sept ans et, pour son malheur, les Français de Métropole ne retinrent d’elle que ses aspects les plus noirs. Ils ignoraient –ou feignaient d’ignorer- les exactions du FLN, des barbouzes et des gendarmes mobiles. Ils ne considéraient déjà plus l’Algérie comme un département français… et ils s’en fichaient. Ils souhaitaient se débarrasser au plus vite du « boulet algérien » -terme propre au général président- Les communistes jubilaient et poursuivaient leur propagande de destruction basée sur la sempiternelle rengaine : « Les pauvres Musulmans exploités par les salauds de colons », terme englobant tous les Européens d’Algérie, qu’ils fussent employés, ouvriers, commerçants ou fonctionnaires,  tous issus d’une immigration désirée… quand elle ne fut pas imposée par la Métropole avec les déportations de 1848 et 1870.

Ces « combattants de l’ombre » avaient, tous, conscience de participer à une croisade. Ils n’avaient plus d’identité, plus de famille, plus de maison. Ils ne se nourrissaient qu’à moitié, ne dormaient jamais deux fois sous le même toit et s’imaginaient toujours être épiés. Chaque jour des camarades de combat étaient pris, puis on les torturait et on les jetait telles des loques dans des cachots sombres et humides. Ils vivaient avec la hantise de subir le même sort et s’assimilaient donc à des bêtes traquées.

Pourtant ils savaient qu’ils n’étaient pas tout à fait seuls. Ils sentaient autour d’eux toute la foi et toute la tendresse d’un peuple enchaîné qui vivait à l’heure de leurs craintes, de leurs tourments. Ils trouvaient toujours des gens pour les aider, les héberger, les soigner et les encourager. Ils étaient le maillon de la chaîne qui les reliait entre un passé heureux et un avenir compromis.

 Face au péril sans cesse croissant que représentait, pour le Pouvoir, l’organisation dont le slogan : « L’OAS frappe où elle veut, quand elle veut ! » ne faisait que se renforcer, de Gaulle et ses séides surent choisir les mots et mettre en évidence les actes pouvant discréditer l’adversaire… celui-ci n’étant évidemment plus le FLN… ni les seuls membres de l’OAS… mais l’ensemble des Européens accusés d’entraver la marche vers la paix voulue par le chef de l’Etat avec le soutien de la majorité des métropolitains. Pour parvenir à ses fins, il convenait, pour l’abattre, de marginaliser et d’isoler l’OAS mais aussi la population qui avait permis son triomphe jusque là. Triomphe qui avait inquiété tant le gouvernement que le GPRA au point de faire croître leur désir respectif de conclure les accords au plus vite et, pour la partie française, par « n’importe quel moyen ».

Pour autant, l’OAS ne désarmait pas. Dans certains points du bled dont l’armée se retirait progressivement depuis l’été 1961, elle avait tenté l’implantation de maquis pour lutter directement contre l’ALN sans populations interposées et dans le secret espoir de dégager une portion de territoire où son autorité serait reconnue. Guelma, Bouira, Tipasa, Coléa… autant de vains essais. Les commandos furent encerclés par l’armée et, incapables de tirer sur des soldats français, se rendirent. L’ultime et spectaculaire tentative eut lieu dans l’Ouarsenis, le 29 mars 1962 et se solda par un sanglant échec et la mort de l’un de ses chefs, le commandant Bazin. Trahie, l’OAS, au lieu des alliés qu’elle attendait (les harkis du Bachaga Boualam et deux unités régulières de l’armée) tomba sur des concentrations de forces FLN dix fois supérieures en nombre dont il a été affirmé –et jamais démenti- qu’elles avaient été amenées à pied d’œuvre par les véhicules des gendarmes mobiles français. Un combat désespéré qui alla jusqu’au corps à corps, s’engagea. Les hommes de l’OAS qui échappèrent à la tuerie furent pourchassés et quand ils furent rejoints, sauvagement abattus. Ce fut là la dernière bataille de l’OAS… son Camerone !

José CASTANO

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Histoire et Identité : Les Arabes ont-ils conquis l’Algérie? (le 19/12/2009 à 16h25)

Le débat secouant la société algérienne sur la question cruciale de l’identité arabe ou berbère de l’Algérie nécessite un retour à la source de ce clivage. L’origine en est, bien entendu, l’expansion arabe en Afrique du nord. Certains affirment que les Arabes n’ont jamais conquis l’Algérie, d’autres se revendiquent une origine arabe justifiant ainsi l’identité arabe de l’Algérie. Qu’en est-il en réalité? Afin de répondre à cette question, deux périodes, marquées  par deux mouvements d’expansion majeurs,  doivent être prises en considération : La période de la première expansion et celle ayant trait à la seconde, celle les Béni-hillals

Première vague: Période 700-973

Les Arabes, après avoir imposé leur dominations sur La Tripolitaine (Libye) et l’Ifrikiya (Tunisie) s’imposeront face aux  Berbères (698) dirigés par Tarik Ibn-Ziad, les intègrent  à leur armée et continuent leur expansion vers l’Ouest en suivant l’axe Biskra-Tlemcen et Tanger pour finalement conquérir l’Andalousie (711). Dans  le cadre algérien, seul le Constantinois fera l’objet, de leur part d’une présence de type militaire, caractérisée, par ailleurs,  par une forte méfiance vis-à-vis des populations locales. En effet, la région  voit l’installation, sur son sol, de forteresses dans le Hodna et le Mzab qui montaient la garde face à l’Aurès et d’autres dans la région de Annaba  contre  la Kabylie, renforçant par là même l’enracinement des populations berbères dans les montagnes. Les Arabes établiront avec les Berbères des relations distantes, marquées surtout par le désir de soumettre les habitants au payement de l’impôt (villes) ou du tribut (campagnes). Cette politique déclenchera de la part des communautés Berbères de nombreuses insurrections qui s’étaleront durant tout le 8ème siècle et créeront un contexte approprié à la naissance d’un mouvement d’opposition non- arabe: il s’agit du kharidjisme (700-799),  qui est le premier mouvement de remise en cause de  la présence ethno-arabe en Afrique du nord. Les révoltés berbères adhèrent, en effet, à ce mouvement, de type islamique, et l’utilisent comme idéologie de contestation et de mobilisation face au pouvoir arabe. Il se localisera  dans le Mzab, et  mènera, sous la direction de Ibn Rustum, émir de Tahart, la  guerre contre les troupes arabes mais il ne réussira pas à s’étendre en dehors des régions sahariennes. Les troupes arabes, dirigées par le gouverneur du Mzab, Aghlab vaincront  les Kharidjites, et les obligeront à s’engager à vivre dans leurs cités du Mzab. Les Aghlab bénéficient, pour cette victoire du pouvoir au Maghreb. En effet en 800, le premier Aghlab obtient  le titre Émir et il le lèguera à ses héritiers. La dynastie aghlabide règnera sur le Maghreb pendant tout le 9ème siècle (800-900). Elle  concentra ses actions sur la Tunisie et le Maroc, régions riches et prospères et sources d’impôts et de tribut. Les Aghalabides ne s’intéressèrent pas au territoire proprement algérien car celui-ci n’offrait aucun intérêt économique. Même le Constantinois, proche du centre du pouvoir (Kairouan) est ignoré, car il brille, comparativement à la Tunisie, par sa pauvreté. Pauvre, la région est délaissée à elle-même, de sorte que les Aghlabides n’entreprirent aucune campagne pouvant aboutir à l’installation d’une population arabe dans cette contrée. Plus encore, ils établirent avec les populations un rapport basé sur la force et la distance, rapport symbolisé  par les forteresses, comme mentionnées ci-haut. Cette marginalisation, dont étaient victimes les Berbères, en fera un terrain fertile pour les ennemis des Aghlabides, à savoir, Les Fatimides. Alliés du mouvement abbaside, les aghlabides vont, en effet, être la cible d’un deuxième mouvement de remise en cause de leur présence en Afrique du nord, entre 900 et 976. Il s’agit du chiisme. Adeptes de l’imam Ali, les chiites ou Fatimides, se posèrent en adversaires des Abbassides au pouvoir en Orient et au Maghreb. La contreverse portait sur la succession du prophète de l’Islam. Une guerre entre les deux camps s’en suivit et le conflit se transposa au Maghreb. Les dirigeants arabes du mouvement, réussirent à convaincre certaines tribus berbères du Sud-constantinois de se joindre à leur lutte. Ces Berbères vont constituer la force de frappe de l’armée fatimide et participer aux assauts contre le pouvoir arabe en Afrique du nord. La guerre entre les deux tendances (Abbassides et Fatimides) s’est étalée  de 902 à 946  pour finalement se conclure par la victoire des fatimides. Ce mouvement, dirigé par des Arabes avec des groupes berbères, comme supports, qui a eu comme champs d’action  l’axe Tunisie-Sahara-Maroc mais  non pas l’Algérie-nord (constantinois, Kabylie, Algérois, Oranie), n’eût pratiquement aucun impact  sur la composition ethno-berbère de la population algérienne. Bien plus encore, sa victoire sur les Aghlabides donna lieu à un événement majeur qui allait faire chuter la présence arabe en Algérie au point zéro. Il s’agit de la décision du calife fatimide Al-Mu’izz, dernier suzerain arabe au Maghreb (Tunisie), de conquérir l’Égypte. Cette action entreprise, avec l’aide d’une armée composée de 100 000 cavaliers Berbères (Kotamas,Sanhadjas), originaires en majorité du sud-constantinois, vit le départ des populations arabes d’Afrique du nord et la transmission du pouvoir à des Berbères islamisés(Zirides). Cette évolution aboutit à une disparition totale de l’élément arabe en Algérie de sorte qu’on peut dire que la première vague arabe ayant établi sa domination sur l’Afrique du nord, ne fut pas, dans l’espace algérien, une colonisation de peuplement. La présence arabe se localisa, en effet, en Tunisie, au Maroc et en Andalousie, en raison de leur potentiel dans les domaines agricole et abricole. L’Algérie fut essentiellement une zone de passage suivant l’axe Sud-constantinois-Biskra-Tahert-Tlemcen. Qu’en sera-t-il avec la deuxième vague, celle des Béni-hillal (1051) ? Sera-t-elle une colonisation de peuplement, ou bien un mouvement passager sans aucun effet sur le caractère berbère de l’Algérie ?

Seconde Vague : Les Béni-hillals (1051-1163)

Ces tribus arabes, ont  migré en Afrique du nord en 1051. Leurs mouvements se sont inscrits par rapport à trois axes. En premier la Tunisie. Les tribus arabes renversent le pouvoir central des Zirides et imposent leur domination. Chaque chef de tribu accapare une principauté, impose son autorité, soumet les habitants des villes à payer une redevance et  les cultivateurs et arboriculteurs à donner une partie de leurs récoltes de blé, de dattes, et d’olive (un tribut), se charge du commerce ou bien le contrôle. En deuxième, le Maroc. Leur avancée, dans un premier temps vers l’Ouest est stoppée nette par des tribus berbères (Zénètes), fidèles au pouvoir marocain, de sorte qu’ils ne conquérront pas le Maroc. Ils rebrousseront chemin vers la Tunisie, ou bien s’adonneront à la razzia, soit des villes limitrophes des hauts plateaux, provoquant ainsi la ruine de Tahert, soit à l’encontre des caravanes commerciales allant de l’Est à l’ouest entraînant ainsi un déplacement des routes commerciales traditionnelles vers l’intérieur du Sahara. En troisième lieu, le Sahara:Une partie des tribus se retrouvent intégrées avec le temps dans le commerce transaharien sillonnant les régions sahariennes. Un commerce surtout autour de  Sidjilmassa, zone ou les nomades allaient échanger la poudre d’or contre le sel, pour passer ensuite par vingt quatre oasis-escales, lieu de chargement des dattes et finalement pour se diriger vers l’Orient, l’Andalousie ou bien, le Maroc ou la Tunisie, une région qui par ailleurs a reçu le plus grand nombre de nomades arabes. Qu’en est-il, sur ce point de l’Algérie, en d’autres mots, les nomades arabes se sont-ils établis dans l’espace formant aujourd’hui l’Algérie ? Quatre zones, pouvant permettre de répondre à cette question, sont à distinguer : Le Constantinois, la Kabylie/Aurès, l’Algérois et l’Oranie. S’agissant du Constantinois, exposé à la Tunisie, il est marqué par une paix relative entre Arabes et Berbères  pendant les cinquante premières années. Néanmoins, par la suite les Arabes poussèrent leurs incursions et les razzias vers cette région restée sous l’autorité des Hammadides, dynastie berbère. L’émir An-nasir, chef  de cette dynastie, ébranlé par les attaques arabes évacua la région et reflua vers l’ouest, au-delà des montagnes de la petite Kabylie. Il fonda An-nasiriya (bédjaia), un lieu choisit car les montagnes, inaccessibles aux chameaux, moyen de déplacement des nomades, offraient une protection certaine contre les attaques arabes. L évacuation par l’émir du constantinois créa un champ libre pour les troupes arabes. Vont-elles l’occuper comme dans le cas de la Tunisie ? Le Constantinois qui donnait sur la Tunisie se composait, schématiquement, de trois régions: a)- la plaine d’Annaba qui n’offrait pas de point d’ancrage, c'est-à-dire une économie agricole, en d’autres mots une paysannerie pouvant, comme dans le cas de la Tunisie, fournir un tribut ou un impôt. C’est une région parcourue par des éleveurs de moutons, vivant à la limite de la survie, refusant de payer des impôts ou un tribut. Les montagnes environnantes constituaient pour eux un refuge sûr face aux incursions arabes. De fait, la plaine d’Annaba ne constituait pas un fort attrait pour les nomades arabes. Ces derniers ne s’établirent pas dans cette région. b)- Axe plaine d’Annaba-Sud constantinois. Cette zone qui allait de la plaine d’Annaba au sud-constantinois était une région boisée parcourue aussi par des éleveurs berbères, relativement pauvres, et qui, en cas d'attaques nomades, se réfugiaient dans les montagnes. Ils le firent d’ailleurs, fuyant les razzias arabes, donnant lieu ainsi à la naissance de villages encore présents aujourd’hui. Comme dans le cas précédent, les Arabes, impuissants à obliger les Berbères de cette région à leur fournir des moyens de subsistance, ne s’y établirent pas. c)- La troisième région est le sud de Constantine, une région marquée par deux éléments ayant suscités la convoitise des tribus arabes (Athbej) : une activité agricole autour de la production de céréales qui soumit les paysans au harcèlement et aux razzias ainsi qu’une route empruntée par des caravanes venant du Sahara et se dirigeant vers le port de Bédjaia ou la Tunisie. Cette région qui était sous contrôle des hammadites devint le théâtre de batailles fréquentes entre les nomades arabes qui contrôlaient une bonne partie de la Tunisie et les Berbères. Les nomades cherchaient à imposer leur domination aux paysans ainsi que leur contrôle sur cette nouvelle route caravanière allant du Sahara à Bédjaia, devenue port d’exportation. L’issue du conflit entre les deux groupes semblait incertaine quand une élément extérieur à la région allait précipiter les événements : La montée en puissance des Mouahidines (Almohades) au Maroc. Abdelmoumem, l’émir de cette dynastie, décida, en effet, d’organiser une expédition militaire  afin d’imposer son autorité sur l’Ifrikiya ou les Hillaliens disposaient du pouvoir. Une bataille qui dura quatre jours eût lieu en 1151 à Sétif. L’armée almohade  fit face aux Hillaliens, les écrasa et les entraîna à fuir la région vers le désert tunisien et libyen. Les troupes almohades poursuivirent leur déploiement vers la Tunisie, dans le but de mettre fin définitivement au pouvoir des Béni-hillals : Début 1159, Tunis fut conquise, Mahdiya prise, ainsi que Sfax, Sousse, Gabès et Tripoli. Défaits et définitivement terrassés, les Arabes disparaîtront totalement comme pouvoir de l’ensemble de l’Afrique du nord. Ils se disperseront au point ou peut-être beaucoup d’entre eux retourneront vers l’Orient. On n’entendra parler d’eux par la suite, dans les écrits de Ibn-khaldoun, que comme individus enrôlés comme soldats-mercenaires dans les armées marocaines. En ce qui a trait à l’Algérie, la plus grande des conséquences de cette victoire  fût la disparition de l’ethnie arabe du Constantinois. Une disparition qui évita à cette région la même évolution que la Tunisie. Une situation que la Kabylie et les Aurès ont pu aussi éviter en raison de la topographie. Les montagnes furent en effet, une forteresse à laquelle les Arabes évitèrent de s’attaquer. En effet, ils n’y mirent jamais les pieds. Et pour cause, les nomades, ne sont à l’aise que dans le désert ou bien dans les plaines. Des régions qui ne les attirent que dans un cas: la présence d’une paysannerie qu’ils peuvent soumettre et exploiter à outrance. Une situation qui n’existe, par ailleurs, ni dans l’Algérois, ni dans l’Oranie et qui explique que ces deux régions n’aient pas été investi par les nomades arabes, n’aient pas connu de présence ou de conquête arabe. L’Algérois, région boisée, ne fut pas aussi une zone attractive. Les plaines de l’Algérois étaient, en effet, boisées, non cultivées, relativement désertes. Il n’existait pas dans cette région, comme dans le cas de la Tunisie, une paysannerie pouvant susciter la convoitise des Arabes. L’Oranie offrait le même visage que l’Algérois. Plus encore, elle était non seulement boisée mais aussi couverte de marécages. Cela dit, si pour la Kabylie et les Aurès, le désintérêt des Arabes pour ces régions est évident du fait de leur inaccessibilité aux chameaux, leur principal moyen de déplacement, dont ils ne se séparent jamais, s’agissant de l’Algérois et de l’Oranie, les nomades auraient pu, dirait-on, occuper le sol et travailler la terre ou bien devenir éleveurs de bétails. La réponse est non car une telle situation est inimaginable et  impossible et elle s’explique par la sociologie des nomades. En effet les nomades ne se voient que dans le nomadisme qu’il pratique dans le désert à travers le convoyage des caravanes, le transport des marchandises, les razzias et l’élevage des chameaux. Activité noble par excellence. En dessous, vient la catégorie élevant le mouton, une situation dégradante. En dessous de ce dernier, l’éleveur de bœufs ou de buffles relève de la dernière catégorie, celle des affreux sédentaires. Le travail de la terre est étranger à la vie du nomade, une activité méprisante et dégradante, car le nomade rejette la sédentarisation. Il est toujours en mouvement. Le seul compromis pour lui de se stabiliser dans un environnement précis est la possibilité, comme dans le cas de la Tunisie, de soumettre au servage une population paysanne, population qu’il exploite à fonds, poussant, par inconscience, les paysans à la ruine et à la fuite. Une situation, le ramenant à la vie d’éleveur et de nouveau au départ vers d’autres cieux. Un cycle signalé par Abdellah Laroui, dans son livre, Histoire du Maghreb. Une telle situation ne pouvait se réaliser dans  l’Algérois et dans l’Oranie étant donné l’absence d’une économie agricole et arboricole (arbres fruitiers). Un cas de figure qui explique pourquoi les tribus arabes n’ont pas imposé leur domination sur l’Algérie. La présence arabe a été restreinte dans l’espace algérien, au Sahara (Mzab) t elle finira aussi par disparaître. En effet, le déclin du commerce transaharien autour de l’or de sidjilmassa, voies détournées par les Portugais arrivés par l'Océan, mettra fin à leur présence dans cette région. Tous ces faits expliquent pourquoi le phénomène de la migration des tribus arabes en Afrique du nord n’a pas abouti à leur installation dans l’espace algérien. L’analyse de cet aspect sous l’aspect de la sociologie des nomades et de leur philosophie de la vie (nomadisme et mépris de la sédentarisation), la topographie algérienne (montagnes-forteresses), l’économie pratiquée (éleveurs de bétails dans le constantinois, absence de paysans), la géographie (plaines marécageuses et boisées), l’attrait du Maroc et la Tunisie, régions très prospères sur le plan économique et dirigées par des pouvoirs, notamment le Maroc, grands recruteurs, après 1151 (bataille de Sétif) de  Hilaliens, comme mercenaires,  permet de comprendre pourquoi l’Algérie n’a pas subi  de conquête ou de colonie de peuplement arabe, et que, les Algériens, même ceux  parlant l’arabe algérien ( en réalité un mélange de l’arabe classique et du berbère), sont dans leur totalité des Berbères.

ARISTOTE, (Y.S)

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Camus-l'Algérois (le 19/12/2009 à 16h13)

« Toute conscience est anticipatrice de l’avenir. » Bergson.

« Toute conscience est anticipatrice de l’avenir. » Bergson. « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres» . Peut-on dissocier Albert Camus d’Alger ? Peut-on dissocier Albert Camus de l’Algérie ? Impossible ! Sans l’Algérie, Camus aurait-il écrit « l’Etranger » ? Camus est-il algérien ? La réponse dépend de vous et de l’idée que vous vous faites de l’identité. C’est d’ailleurs le principal sujet d’actualité en France et en Algérie après le match Algérie-Egypte. En Algérie, l’identité est toujours liée à la notion de descendance, c'est-à-dire l’héritage linguistique, religieux et culturel. Pour obtenir la nationalité algérienne, il faut pouvoir présenter un certificat délivré par les institutions religieuses pour prouver que vous êtes musulman ! Ce fait est d’ailleurs contradictoire aux valeurs républicaines et à la Constitution Algérienne qui garantit la liberté des consciences. Si vous êtes résident étranger, de culture et de foi autre que musulmane, vous serez obligés de renoncer à votre propre religion pour obtenir la nationalité algérienne. A ce propos, l’identité n’est pas basée sur l’apport de la citoyenneté : les droits et les devoirs, les valeurs communes (culturelles, morales et autres), avec les spécificités individuelles. Elle est basée en réalité sur la descendance. D’ailleurs, c’est l’idéologie approuvée par l’extrême droite dans les pays européens ! Or, l’identité peut être à la fois individuelle et collective. Les deux peuvent se croiser et se superposer, sans pour autant qu’elles se trahissent. Comme par exemple, les Algériens de France qui, pour une raison ou une autre, ont choisi de porter (d’adhérer à) la nationalité française sans renoncer à la nationalité algérienne. C’est la même chose pour les Algériens qui vivent au Canada.

Si l’on suit les valeurs républicaines, Camus est algérien car il est né en Algérie, il a connu la misère comme tout algérien. C’est un enfant qui a dédié un roman à sa mère par cette phrase : «A toi qui ne pourras jamais lire ce livre. », tout comme tous les écrivains algériens de l’époque (Kateb Yacine, Mammeri, Feraoun, Dib, etc.) qui auraient pu dédier ainsi leurs romans à leur mère. Pourquoi l’Algérie n’a-t-elle pas reconnu ce fils exilé ? J’ai l’impression qu’en repensant aux années cinquante et postindépendance, l’élite algérienne ne parvient pas à dissocier Camus de la politique. Pourtant, Camus n’était pas un politicien ! Peut-être incarnait-il l’espoir d’une révolution intellectuelle émise par l’élite algérienne de l’époque ? La lecture de ses ouvrages nous laisse le sentiment qu’il était proche de la misère de l’Homme, qu’il refusait l’esprit totalitaire. Il affirmait que « la révolte est profondément positive puisqu’elle révèle ce qui, en l’Homme, est toujours à défendre » . Un homme qui refusait les injustices mais « qui préférait sa mère à la justice » comme tout méditerranéen vénère sa mère. Quel algérien préfèrerait la justice à sa mère ? Et pourtant, c’est toujours cette phrase qui revient à chaque fois qu’on aborde Camus en Algérie, comme si Camus se réduisait à cela. Quand j’étais étudiant à l’université d’Alger, lorsqu’on parlait de lui c’était souvent cette phrase qui revenait. On oublie le Camus qui a écrit sur la misère des Algériens, sur les massacres du 8 mai 1945, ses interventions auprès du Général de Gaulle pour les condamnés à mort. On oublie également qu’il faisait partie des fondateurs de « Alger Républicain », ce journal qui a tant éveillé les consciences nationales. Le rôle de Camus et son attachement à sa terre natale ne peuvent pas être réduits à une phrase. J’avoue qu’à cause de ces idées fausses répandues dans le milieu universitaire, l’idée de lire Camus ne m’avait jamais séduit. Jusqu’au jour où, dans une bibliothèque d’Alger, j’ai sympathisé avec un européen qui m’a demandé de l’accompagner visiter Tipasa. J’étais tout fier à l’idée de lui montrer la beauté de l’Algérie. Une fois arrivé à Tipasa, je vis mon interlocuteur ouvrir un livre, « Noce » d’Albert Camus, et lire des extraits sur les ruines tout en contemplant le soleil et respirant l’odeur de la mer bleue. Mon enthousiasme s’est soudainement attristé, mes connaissances sur mon histoire étaient finalement limitées. Des années plus tard, je me suis interrogé : doit-on intégrer cette histoire dans notre histoire ? Doit-on la rejeter ? Au nom de quoi ? De qui ? Ne se disaient-ils pas algériens ? Sont-ils algériens ? Cette journée m’a marqué, surtout lorsqu’on a rencontré le fils du gardien qui nous a fait visiter l’endroit où Camus aimait s’asseoir pour contempler le couché de soleil de fin d’été. La lecture des œuvres de Camus m’a permis de mieux comprendre ce qui s’est passé, mais aussi de prendre conscience de la misère des algériennes de cette époque. Plus loin, la lecture de Camus m’a permis de comprendre que finalement « la vérité n’est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment et la contradiction ». Camus m’a réconcilié avec le soleil d’Algérie. La lecture de « l’Etranger » m’a complètement bouleversé. Un nouveau style d’écriture et surtout beaucoup d’interrogations, notamment comment l’Arabe était-il perçu. Comment la justice des plus fort impose-t-elle sa loi au plus faible ? Le génie de Camus était de dépasser les notions philosophiques habituelles sur l’absurde en les sublimant dans la romance. Pourquoi Camus est-il toujours d’actualité ? Ses romans se classent toujours parmi les meilleures ventes. Ses textes sont enseignés partout dans le monde. Ce qui veut dire que partout dans le monde on parle de l’Algérie. Un écrivain algérien de retour des Etats Unis m’a confié que Camus est toujours d’actualité, à tel point qu’un lecteur lui a demandé de lui dédicacer le roman « l’Etranger ». L’auteur lui a dit : « Mais ce n’est pas moi qu’il l’ai écrit ». Le lecteur lui a répondu : « Vous venez d’Algérie, Camus aussi est né en Algérie ! Tout comme lui, vous portez en vous l’odeur de Camus ». Quels sont les secrets des romans de Camus ? Ceci reste un mystère ! Peut-être a-t-il décrit la misère non pas en tant que concept mais plutôt telle qu’il la vécue. Peut-être refuse-t-il l’injustice, les idées totalitaires quelle que soit leur origine ! À ce propos, il écrit : « (…) Renoncer à toute valeur revient alors à renoncer à la révolte pour accepter l’Empire et l’esclavage. La critique des valeurs formelles ne pouvait épargner l’idée de liberté. Une fois reconnue l’impossibilité de faire naître, par les seule forces de la révolte, l’individu libre dont rêvaient les romantiques, la liberté a été, elle aussi, incorporée au mouvement de l’histoire. Elle est devenue liberté en lutte qui, pour être, doit se faire. » Camus mérite une place dans notre histoire ; qu’on le veuille ou pas, il fait partie de nous. Le nier, me semble-t-il, c’est nier une partie de notre mémoire et de notre histoire. Nous devrions dépasser le Camus politique, quelle que soit sa vision de l’histoire de l’époque pour lui donner la place qu’il

« Toute conscience est anticipatrice de l’avenir. » Bergson.

« Toute conscience est anticipatrice de l’avenir. » Bergson. « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres» . Peut-on dissocier Albert Camus d’Alger ? Peut-on dissocier Albert Camus de l’Algérie ? Impossible ! Sans l’Algérie, Camus aurait-il écrit « l’Etranger » ? Camus est-il algérien ? La réponse dépend de vous et de l’idée que vous vous faites de l’identité. C’est d’ailleurs le principal sujet d’actualité en France et en Algérie après le match Algérie-Egypte. En Algérie, l’identité est toujours liée à la notion de descendance, c'est-à-dire l’héritage linguistique, religieux et culturel. Pour obtenir la nationalité algérienne, il faut pouvoir présenter un certificat délivré par les institutions religieuses pour prouver que vous êtes musulman ! Ce fait est d’ailleurs contradictoire aux valeurs républicaines et à la Constitution Algérienne qui garantit la liberté des consciences. Si vous êtes résident étranger, de culture et de foi autre que musulmane, vous serez obligés de renoncer à votre propre religion pour obtenir la nationalité algérienne. A ce propos, l’identité n’est pas basée sur l’apport de la citoyenneté : les droits et les devoirs, les valeurs communes (culturelles, morales et autres), avec les spécificités individuelles. Elle est basée en réalité sur la descendance. D’ailleurs, c’est l’idéologie approuvée par l’extrême droite dans les pays européens ! Or, l’identité peut être à la fois individuelle et collective. Les deux peuvent se croiser et se superposer, sans pour autant qu’elles se trahissent. Comme par exemple, les Algériens de France qui, pour une raison ou une autre, ont choisi de porter (d’adhérer à) la nationalité française sans renoncer à la nationalité algérienne. C’est la même chose pour les Algériens qui vivent au Canada.

Si l’on suit les valeurs républicaines, Camus est algérien car il est né en Algérie, il a connu la misère comme tout algérien. C’est un enfant qui a dédié un roman à sa mère par cette phrase : «A toi qui ne pourras jamais lire ce livre. », tout comme tous les écrivains algériens de l’époque (Kateb Yacine, Mammeri, Feraoun, Dib, etc.) qui auraient pu dédier ainsi leurs romans à leur mère. Pourquoi l’Algérie n’a-t-elle pas reconnu ce fils exilé ? J’ai l’impression qu’en repensant aux années cinquante et postindépendance, l’élite algérienne ne parvient pas à dissocier Camus de la politique. Pourtant, Camus n’était pas un politicien ! Peut-être incarnait-il l’espoir d’une révolution intellectuelle émise par l’élite algérienne de l’époque ? La lecture de ses ouvrages nous laisse le sentiment qu’il était proche de la misère de l’Homme, qu’il refusait l’esprit totalitaire. Il affirmait que « la révolte est profondément positive puisqu’elle révèle ce qui, en l’Homme, est toujours à défendre » . Un homme qui refusait les injustices mais « qui préférait sa mère à la justice » comme tout méditerranéen vénère sa mère. Quel algérien préfèrerait la justice à sa mère ? Et pourtant, c’est toujours cette phrase qui revient à chaque fois qu’on aborde Camus en Algérie, comme si Camus se réduisait à cela. Quand j’étais étudiant à l’université d’Alger, lorsqu’on parlait de lui c’était souvent cette phrase qui revenait. On oublie le Camus qui a écrit sur la misère des Algériens, sur les massacres du 8 mai 1945, ses interventions auprès du Général de Gaulle pour les condamnés à mort. On oublie également qu’il faisait partie des fondateurs de « Alger Républicain », ce journal qui a tant éveillé les consciences nationales. Le rôle de Camus et son attachement à sa terre natale ne peuvent pas être réduits à une phrase. J’avoue qu’à cause de ces idées fausses répandues dans le milieu universitaire, l’idée de lire Camus ne m’avait jamais séduit. Jusqu’au jour où, dans une bibliothèque d’Alger, j’ai sympathisé avec un européen qui m’a demandé de l’accompagner visiter Tipasa. J’étais tout fier à l’idée de lui montrer la beauté de l’Algérie. Une fois arrivé à Tipasa, je vis mon interlocuteur ouvrir un livre, « Noce » d’Albert Camus, et lire des extraits sur les ruines tout en contemplant le soleil et respirant l’odeur de la mer bleue. Mon enthousiasme s’est soudainement attristé, mes connaissances sur mon histoire étaient finalement limitées. Des années plus tard, je me suis interrogé : doit-on intégrer cette histoire dans notre histoire ? Doit-on la rejeter ? Au nom de quoi ? De qui ? Ne se disaient-ils pas algériens ? Sont-ils algériens ? Cette journée m’a marqué, surtout lorsqu’on a rencontré le fils du gardien qui nous a fait visiter l’endroit où Camus aimait s’asseoir pour contempler le couché de soleil de fin d’été. La lecture des œuvres de Camus m’a permis de mieux comprendre ce qui s’est passé, mais aussi de prendre conscience de la misère des algériennes de cette époque. Plus loin, la lecture de Camus m’a permis de comprendre que finalement « la vérité n’est pas un absolu mais doit être recherchée dans le bonheur, le tourment et la contradiction ». Camus m’a réconcilié avec le soleil d’Algérie. La lecture de « l’Etranger » m’a complètement bouleversé. Un nouveau style d’écriture et surtout beaucoup d’interrogations, notamment comment l’Arabe était-il perçu. Comment la justice des plus fort impose-t-elle sa loi au plus faible ? Le génie de Camus était de dépasser les notions philosophiques habituelles sur l’absurde en les sublimant dans la romance. Pourquoi Camus est-il toujours d’actualité ? Ses romans se classent toujours parmi les meilleures ventes. Ses textes sont enseignés partout dans le monde. Ce qui veut dire que partout dans le monde on parle de l’Algérie. Un écrivain algérien de retour des Etats Unis m’a confié que Camus est toujours d’actualité, à tel point qu’un lecteur lui a demandé de lui dédicacer le roman « l’Etranger ». L’auteur lui a dit : « Mais ce n’est pas moi qu’il l’ai écrit ». Le lecteur lui a répondu : « Vous venez d’Algérie, Camus aussi est né en Algérie ! Tout comme lui, vous portez en vous l’odeur de Camus ». Quels sont les secrets des romans de Camus ? Ceci reste un mystère ! Peut-être a-t-il décrit la misère non pas en tant que concept mais plutôt telle qu’il la vécue. Peut-être refuse-t-il l’injustice, les idées totalitaires quelle que soit leur origine ! À ce propos, il écrit : « (…) Renoncer à toute valeur revient alors à renoncer à la révolte pour accepter l’Empire et l’esclavage. La critique des valeurs formelles ne pouvait épargner l’idée de liberté. Une fois reconnue l’impossibilité de faire naître, par les seule forces de la révolte, l’individu libre dont rêvaient les romantiques, la liberté a été, elle aussi, incorporée au mouvement de l’histoire. Elle est devenue liberté en lutte qui, pour être, doit se faire. » Camus mérite une place dans notre histoire ; qu’on le veuille ou pas, il fait partie de nous. Le nier, me semble-t-il, c’est nier une partie de notre mémoire et de notre histoire. Nous devrions dépasser le Camus politique, quelle que soit sa vision de l’histoire de l’époque pour lui donner la place qu’il mérite, en commençant par l’école. Il a tant donné pour l’Algérie, à la terre qui l’a vu naître et qui l’a rayonné par son soleil. Cependant, sa place n’est pas au Panthéon, elle est parmi les siens, au cimetière qui prédomine la baie d’Alger en accueillant la mer bleue à bras ouverts. Yazid HADDAR (auteur d’un Roman « le hasard parlant » et d’un essai « l’Algérie en attente » aux édition Edilivre Paris 2009.

mérite, en commençant par l’école. Il a tant donné pour l’Algérie, à la terre qui l’a vu naître et qui l’a rayonné par son soleil. Cependant, sa place n’est pas au Panthéon, elle est parmi les siens, au cimetière qui prédomine la baie d’Alger en accueillant la mer bleue à bras ouverts. Yazid HADDAR (auteur d’un Roman « le hasard parlant » et d’un essai « l’Algérie en attente » aux édition Edilivre Paris 2009.

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La grande bataille de Mechat (El Milia) 15 avril 1957 (le 24/04/2007 à 19h02)

 

En date du 15 avril 1957, une unité des forces de la wilaya appartenant au bataillon qui a été créé au mois de mars ayant mené plusieurs opérations importantes entre autre l’embuscade de l’oued Zegar à l’est de Ain Kechera de la Daïra de Collo et ce le 11/5/1957 ; s’est affronté avec un bataillon de l’infanterie des forces coloniales françaises, dans une grande bataille qui s’est poursuivie durant toute la journée.

C’était un jour de ramadhan pluvieux et un brouillard très épais qui n’a nullement facilité la tache et l’efficacité de l’intervention de l’aviation ennemie.

La bataille avait commencé par l’encerclement de nos forces d’une unité des troupes coloniales sortie de leur centre de cantonnement au douar « Irarem » et immédiatement cette dernière lançait un SOS.

C’est ainsi qu’arrivait au lieu de la bataille trente engins de l’ennemi, et de là débutait le carnage, face aux tirs bien visés, précis et au courage de nos hommes et l’efficacité de leurs armes modernes variées ; personnelles ou collectives ; les soldats ennemis étaient désemparés et se bataillaient dans un désordre permettant à nos forces de s’en prendre totalement sur eux et se sont retirés dont une majorité d’entre eux se sont réfugiés dans les maison des civils.

Un hélicoptère à son bord un colonel, commandant du bataillon survolait la bataille a été descendu par les armes des forces de l’ALN, de même que tous les occupants.

La bataille ne s’est terminée que dans les environs de dix huit heures après que nos forces ont contrôlé totalement le lieu de la bataille.

On dénombrait les pertes ennemies à 100 morts, un butin d’armes importantes et munitions diverses, quand aux nôtres huit morts et sept blessés.

Pour mémoire les youyous des femmes s’élevaient durant la bataille et les ravitaillaient avec « Al bakh » (semoule mélangée à l’huile), qui par ailleurs une femme a désarmé un soldat de son arme un MAT 49et l’avait remis aux Moudjahidines.

Quelques jours après cette bataille cinq soldats se sont enfuis, quatre allemands avec leurs armes et un turc sans arme, qui finalement après cette défaite cuisante l’ennemi s’est retiré.

Lors du survol de l’hélicoptère, qui à son bord l’officier français gradé colonel supervisait la bataille et dirigeait ses hommes et vu l’intensité du combat des deux forces et un brouillard très épais ne lui a nullement facilité la tache pour pouvoir différencier les deux camps.

De là un Moudjahid a pris un morceau de tissu blanc et commencé à faire signe avec en direction de l’hélicoptère, le colonel a cru que ses soldats lui faisaient signe de descendre.

 C’est ainsi qu’il avait pris le soin de descende en direction du lieu du signal ; une fois à proximité du sol, des tirs nourris se sont abattus sur l’hélicoptère qui s’est déséquilibré et tombait au sol en prenant feu qui s’est soldé par la mort du colonel commandant des forces françaises de la région.

 

Omar.Krioui

 

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Opération du « palmier ».Nakhla (le 01/03/2007 à 07h47)

Opération du « palmier ».Nakhla

Enlèvement de trois soldats français

9. janvier.1960.

 

Le colonel Trinquier ne s’est pas contenté de boucler le village d’El Milia avec une clôture électrifiée mais il a aussi essayé de l’encercler en plaçant plusieurs tours à guets ou miradors bien renforcés.

 Assez hautes ; servant comme points de gardiennage et d’assaut, ajouter à cela l’observation de tout ce qui se passe dans la région comme mouvement à l’aide des jumelles dont disposait chaque tour qui des soldats français se relevaient pour faire le guet durant les 24 heures.

130 est Le nombre de tours atteint dans la wilaya 2 à elle seule et dont la plupart restent telles quelles sur les hauteurs et les sommets de montagnes jusqu’à ce jour.

 Parmi ces centres, un appelé le palmier ou « NAKHLA » situé à 1 kilomètre au sud d’El MILIA tout prés de la route reliant la ville de Jijel à celle de Constantine. Cette tour était située sur un point haut et entouré d’une clôture et disposait d’une échelle à l’intérieur permettant au soldat de monter pour faire la garde, ajouter à cela des hublots permettant au soldat de voir toute incursion ou tentative d’être attaqué et par conséquent une riposte immédiate avec la mitrailleuse lourde de calibre 30 de fabrication américaine, fixée au dessus de la tour avec des chaînes solides.

Au début du mois de janvier 1960, comme par hasard parmi les rangs des soldats de garde français chargés de travailler à la tour du palmier (Nakhla) ; un algérien effectuait son service national originaire de la ville d’Oran qui s’appelait « Mohamed Dalouz » alors que les enfants bergers veillaient sur leur troupeau de moutons tout prés de la tour et ce d’une manière habituelle ; à tel point que les soldats blaguaient et discutaient avec eux.

Un des premiers jours de Janvier, un de ces enfants bergers de la tour a dit lors d’une discussion devant certains Moudjahidines que le soldat musulman du groupe lui a fait savoir qu’il est prêt à aider les Moudjahidines, s’ils veulent s’accaparer de la tour.

L’information s’est propagée comme une traînée de poudre parmi les Moudjahidines qui ont rapporté l’information au responsable d l’information et de la communication de la kasma en l’occurrence le défunt Moudjahid Ammar Guellil.

Il écrivait dans son livre « épopée da l’Algérie moderne » et je cite : immédiatement et de nuit je sui me suis rendu en compagnie de quelques Moudjahidines au lieu précis à savoir la mechta de Ouled Amiour à la recherche du petit berger de troupeau pour s’enquérir et confirmer le bien fondé de ses dires.

Le petit berger le nommé H.Ismail, sachant qu’on le recherchait, a fui en courant, pour cause et avoir su plus tard que sa mère lui avait interdit de parler aux Moudjahidines par peur que ces derniers en le chargeant de toute mission révolutionnaire, ne soient la cause de tout malheur qui pouvait lui arriver, si jamais l’ennemi le découvrait.

J’avais pris contact avec le responsable de la mechta qui a pu avec l’aide des compagnons Moudjahidines, trouver le petit berger et me le ramener.

Après l’avoir questionné sur le pourquoi de sa fuite, il disait ; que sa mère l’a ordonné » de ne pas rencontrer les Moudjahidines de telle façon il ne serait pas découvert par les français et aucun mal ne lui arriverait.

A cet effet je l’ai mis en confiance en lui expliquant que les Moudjahidines sont vos frères et nous combattons pour vous et non comme ces français qui vous tuent et brûlent vos maisons et en lui remettant 500 centimes.

Apres ça le petit s’est encouragé et a commencé à raconter avec franchise tout ce qu’il a entendu du soldat musulman qui travaillait à la tour du palmier.

Et de là j’ai demandé au berger d’aller à la tour et le  contacter de nouveau, et le questionner s’il est toujours prêt à exécuter ce qu’il a dit ou non ? Lui faire savoir que se sont les Moudjahidines qui l’ont envoyé.

Effectivement le berger a pris contact avec le soldat musulman « Mohamed Dalouz » en lui transmettant le message verbal et a répondu par l’affirmative ; qu’il est prêt à les aider à occuper la tour.

Après avoir confirmé la véracité des informations, et la disponibilité du soldat algérien Mohamed Dalouz de nous aider à occuper la tour, je suis revenu la nuit d’après, à la mechta de Ouled Amiour avec un groupe de Moudjahidines :

 B. Mahmoud: martyr.

A. Messaoud:  martyr

L. Abdelmadjid: en vie

K. Saoudi : décédé.

On avait passé la nuit dans un refuge tout prés de la mechta .et au petit matin on est resté à guetter les lieux pour voir les mouvements de l’ennemi.

Et après avoir su qu’il n’ y’a aucun mouvement de l’ennemi dans la région ; on s’est dirigé à 8 heures du matin au domicile de la mère du petit berger qui n’est d’autre que la tante du « martyr B.Mahmoud » qui nous a bien reçu et particulièrement en voyant son neveu « martyr B.Mahmoud » en notre compagnie.

Une fois qu’on s’est assis un peu ; je lui ai demandé pourquoi cette frayeur que tu as fait naître à l’enfant à l’égard des Moudjahidines d’autant plus que nous faisons la révolution pour l’Algérie et tous les algériens doivent s’entraider pour que l’on puisse vivre en toute liberté et paix.

La femme s’est sentie gênée et n’a dit aucun mot.

Après cela elle a demandé à son petit enfant assis à coté d’elle d’aller chercher son frère et lui dire que sa maman le veut, du fait que l’enfant est sorti très tôt emmener son troupeau au lieu tout prés de la tour à guet.

Le berger s’est présenté et nous a trouvé là à l’attendre et de là je lui ai redemandé de

 re-contacter le soldat Mohamed Dalouz et l’informer que les Moudjahidines sont là

Pour occuper la tour et à cet effet ils veulent savoir l’heure idéale, le mot de passe ou un signe que nous devions le savoir au préalable.

Nous avons demandé au berger de ne revenir qu’avec la réponse et plutôt l’envoyer avec son cousin plus âgé que lui qui s’appelait H.Abdelhamid pour ne pas attirer l’attention de ces multiples va et vient entre la maison et la tour qui n’est pas assez loin.

Après un moment assez court Abdelhamid est revenu pour nous dire que le soldat musulman vous dit, le rendez vous cette nuit à 2 heures, du fait que c’est son tour de garde ; quand au signe entre vous : il allumera et éteindra sa cigarette 2 fois de là un parmi vous se mettra debout à coté de la clôture pour qu’i puisse le voir.

Après la réception du message verbal nous sommes restés prêts toute la journée pour l’exécution de l’opération, des cordes pour attacher les soldats français prisonniers nous ont été ramenés par le responsable de la Mechta A.Hamouda.

Je me suis rendu compte à une chose très importante que les horaires entre nous les français sont différents.

2heures pour les français c’est bien 1 heure pour nous et nous ne sommes pas surs lequel est l’horaire de l’opération ; c’est pourquoi nous avons décidé de suivre l’horaire français du fait que le soldat travaille avec, parmi les forces françaises.

D’autre part on a ramené une scie métallique pour couper la chaîne qui attachait les armes, une lampe électrique qui nous permet de voir toute chose à l’intérieur de la tour une fois dedans.

A la tombée de l’obscurité nous avons fait mouvement tout prés du lieu de l’opération, et on est resté à observer les mouvements des patrouilles de garde qui arrivaient et repartaient, et par chance aucune d’elle n’a pu apercevoir notre lieu.

Avant l’heure prévue on s’est rapproché de la clôture et on a pu apercevoir le soldat « Mohames Dalouz » au sommet de la tour, en attente de son signe.

A deux heures juste, nous le voyant allumer et éteindre sa cigarette à deux reprises, et de là j’ai demandé au martyr Mahmoud. B de se mettre debout pour qu’i puisse le voir.

Une fois le martyr Mahmoud.B debout ; Mohamed Dalouz l’a vu et a pris le soin de faire monter l’échelle qui se trouvait qui se trouvait à l’intérieur de la tour et la fait descendre à l’extérieur et est descendu par-dessus, s’est rapproché de la portière et nous a ouvert la clôture et c’est ainsi qu’ont est entré.

En voyant la scie métallique il a dit que ça n’est pas nécessaire j’ai groupé les armes et sont détachées.

Deux des Moudjahidines en compagnie de Mohamed Dalouz sont entrés dans la tour alors que moi et le reste du groupe sont restés à l’extérieur pour parer à toute arrivée de patrouille française.

Les trois soldats français étaient plongés dans leur sommeil et surpris par les Moudjahidines, se sont éveillés abasourdis et pris de panique et de peur et poussés à l’extérieur, là je les attendait avec le reste du groupe avec les cordes pour les attacher.

Ayant remarqué qu’un des soldats, avait les pieds nus, j’ai demandé aux Moudjahidines de lui ramener ses chaussures sinon il va nous freiner dans notre marche.

Effectivement on lui a remis les chaussures mais j’ai remarqué qu’il les a mis au contraire la gauche sur la droite et vice versa tellement qu’il avait très peur.

Le butin se trouvant à l’intérieur de la tour et qu’on a pris le soin de la prendre est comme suit :

Une mitrailleuse 30(une bande de 1500 cartouches)

Un Mat 49

Deux MAS 51

Un MAS 36

Une caisse de grenades

L'habillement.

Avant notre départ on a pris le soin de couper les câbles téléphoniques pour mettre fin à toute liaison entre la tour et le PC 0El Milia.

Après cela on a pris mouvement avec les trois prisonniers et avec nous le héros Mohamed Dalouz en direction de la montagne, le mont de Boukhdache comme cafouillage du fait que ça n’était pas notre destination finale. Sans marcher trop longtemps on s’est dirigé à l’est en traversant entre les maisons en vue de perdre nos traces au matin .

Nous avons traversé la route nationale entre El Milia et Skikda ex Philippeville en direction du douar de Ouled Salah siège du PC de la kasma.

Au matin le PC français n’a pu avoir de contact avec la tour du fait que las câbles étaient coupés et de là un véhicule s’est déplacé sur le lieu et l’a trouvé vides de ses occupants ; armes et munitions.

Immédiatement des forces se sont déplacées en direction du mont de Boukhdache du fait que les premières traces étaient cette direction.

 Le mont était encerclé de tous les cotés de même qu’un grand ratissage a été opéré et l’aviation survolait la région et ce jusqu’à la tombée de la nuit.

L’aviation lançait des bombes éclairantes qui la nuit obscure est devenue jour au dessus du mont Boukhdache.

Nous suivions les péripéties de cette opération de notre siège à l’est d’El Milia.

Une fois que les français n’ont trouvé aucune ombre au dessus de Boukhdache, ils se sont dirigés à l’est et au nord d’El Milia, en les encerclant avec des forces importantes à la recherche des soldats prisonniers et ce par crainte d’être transférés à l’extérieur et d’être présentés à la presse internationale comme cela a été le cas avec certains auparavant.

Quand les forces françaises se sont rapprochés de notre lieu on était obligé de changer de lieu à quatre reprises.  L’encerclement très dur et la difficulté de se déplacer d’un lieu à un autre nous ont contraint à l’impossibilité de les garder. La conviction ; que les forces françaises vont les trouver s’ils restaient vivants. Nous n’avions aucune issue et la décision prise de les tuer et plus tard leurs cadavres ont été retrouvés.

Quand au soldat Mohamed Dalouz il est resté dans les rangs de la wilaya 2.

 Lors d’un affrontement avec l’ennemi et ce en date du 8 mars 1960, il s’est séparé de son groupe, vue qu’il n’était pas de la région, il a eu beaucoup de difficultés pour se déplacer, retrouver le bon chemin et d’éviter l’étau de l’ennemi.

En se retrouvant face à l’ennemi il s’est battu jusqu’à épuisement de ses munitions et en terminant par briser son fusil en deux morceaux sur le tronc d’un arbre et tombait ainsi en martyr sous les balles de l’occupant français.

Son courage et son combat lui ont valu le salut militaire et la reconnaissance de l’officier qui s’est approché et voir de prés son corps.

 

Omar Krioui

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L'exécution du colonel Marey chef de secteur militaire El Milia. (le 24/01/2007 à 22h15)
 

L'exécution du colonel Marey chef de secteur militaire  El Milia.

Le samedi  28/03/ 1959.

Avant son arrivée à El Milia le colonel Marey était le directeur de l'école d'instruction de l'armée française de Cherchell .

Lors d'une réunion entre hauts responsables ,il acclamait la chute de" Soustelle" gouverneur général de l'Algérie ,et lorsqu'un des présents voulait savoir le pourquoi de cette protestation,Marey monta sur une chaise (petite taille) et dit c'est moi qui acclamait la chute de soustelle.

Après ça on lui infligeait une sanction qui consiste à l'envoyer à la Nahia d' El Milia au nord constantinois réputée de zone dangereuse .

Effectivement le colonel  Marey arrivait à El Milia en commençant par pratiquer une politique de sympathie envers les villageois ,en arrêtant sa voiture et donnait des bonbons aux gosses et jouait aux billes avec eux,facilitait l'entrée et sortie par les trois portes à l'intérieur d'une clôture tout autour du village en les voyant debout dans de longues files d'attente.

L'armée de libération (A.L.N) percevait mal cette méthode agressive et voyait en lui un représentant d'un pouvoir colonial de répression qui devrait disparaître de la surface de cette terre.

Une décision a été prise par les responsables militaires de la Nahia et de la Kassma 4

Pour son exécution.

Cette mission fut confiée aux deux Chahids ,le célèbre Bellara Mahmoud dit l'inspecteur et Krika Abdelhamid.

Après une préparation minutieuse les deux martyrs l'ont piégé en tendant une embuscade à sa voiture à 300 m du village en lui tirant dessus à coups de rafales  et mourrait le samedi 28/03/1959.

Les deux martyrs rattrapaient le chauffeur au champ d'oliviers qui faisait face au bas de la route du coté gauche et tremblait de peur et l'ont chargé de transmettre un message verbal aux autorités françaises en leur faisant savoir qu'ils n'ont pas de place sur cette terre et s'ils veulent vivre ils n'ont qu'à rentrer chez eux .

Après cette opération les autorités militaires coloniales françaises ont réagi avec férocité en envoyant leur aviation bombarder les douars de Ouled Arbi et Mechat,  ce qui poussa la population à fuir leurs maisons en direction des forets.

Parmi ces personnes  une femme avec un fille nourrisson sur son dos, de la famille Friouakh de Ouled Arbi.

A la tombée de la nuit les habitants ont regagné leurs maisons par contre la femme n'est pas revenue.

Le lendemain au matin après des recherches elle a été retrouvée morte touchée par des fragments de bombe alors que la fille tétait le sein de sa maman.

Omar Krioui                                         

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MAI 1962… LA DERNIĖRE COMMUNION Articles Le 03/10/2011
 
 
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